Pleine conscience intégrale

cedres bleus« Si nous ne pouvons pas toujours agir sur les évènements stressants qui s’imposent à nous, nous pouvons apprendre à les vivre différemment. »

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Ici aux Cèdres Bleus, le centre de pleine conscience où je vis avec ma famille se trouve la rivière Semene qui longe l’abbaye cistercienne du XVIIe siècle. Elle est maintenant notre demeure et un lieu où les gens peuvent venir se laisser embrasser et se nourrir de la beauté de la nature, la chaleur de la communauté et les profondeurs silencieuses de la solitude de l’âme.

S’ouvrir au moment présent

Dans la rivière, il y a des cailloux lisses et bien arrondis formés, siècles après siècles, jour après jour, par l’écoulement constant de l’eau. Chacun d’eux parfaitement à sa place, en harmonie avec le monde. La vie nous appelle constamment au moment présent pour redécouvrir cette harmonie que nous avons peut-être abandonnée dans notre enfance. Nous sommes tous invités à écouter nos aspirations les plus profondes afin de créer un nouveau paradigme au service de tous les êtres vivants et pour rendre ce monde meilleur.

Guérir nos peurs et calmer le mental

A côté de cette harmonie qui nous entoure, depuis trop longtemps dans notre histoire humaine, nous sommes sous l’emprise de nos peurs, en nous concentrant principalement sur nos différences – race, nation, sexe, âge, classe sociale, … Dans l’ombre de notre progrès et de notre démocratie moderne, nous avons inconsciemment façonné une culture individualiste dans laquelle le mental prime sur le cœur. Il n’y a que peu de place pour l’harmonie mais plus pour le conflit, le repli sur soi, la non-acceptation de nos différences. Comment pouvons-nous être comme ce caillou bien rond, dans la paix et la quiétude pour prendre notre place joyeusement dans le monde ? Il y a une « chaîne radio » appelée PNS (pensée non-stop) qui nous empêche de nous relier intimement aux montagnes et aux rivières, aux couleurs d’une fleur ou à la beauté d’un visage. Pendant trop longtemps, nous avons affûté l’intellect et adoré la pensée – faisant écho à Descartes : « Je pense donc je suis. »
Cette habitude mentale nous entraîne à opérer une division entre « nous » et « eux ». Des instruments sophistiqués et des idées complexes peuvent aider à façonner notre monde technologique et matériel, mais il nous appartient, dans toute cette accélération et cette modernité, de cultiver des moments d’intériorité, de connexion à notre être, d’attention à nos aspirations et ressentis. Inconsciemment, nous cherchons le bonheur et les solutions à notre mal-être à l’extérieur de nous-même. « Si vous souhaitez trouver de l’or ou des diamants, il vous faut souvent creuser profondément. »

Élargir sa conscience

Être attentif, c’est prendre conscience de nous-mêmes et aussi du lien avec notre environnement. « La méditation », comme disait le maitre Zen Thich Nhat Hanh, « est une rencontre sereine avec la réalité. » Au début, je peux être conscient de mes pas et de mon souffle, puis de mes émotions et de mes perceptions. Puis le ciel bleu et le vent. Je peux voir que je me promène dans le jardin contemplatif de Cèdres Bleus. À mesure que ma conscience s’élargit, je me rends compte que je suis en France. Alors qu’il continue à s’ouvrir, l’évidence c’est que je marche sur la Terre. Et à un moment donné, la division entre moi et le monde s’efface car ce ne sont que des concepts mentaux. C’est comme prendre un avion haut dans le ciel et voir au-delà des frontières. Je suis le monde, le monde c’est moi. Ou, comme le philosophe Spinoza le considère : « La Terre est un organisme vivant. »

S’ouvrir à l’abondance en nous

L’attention est un concept fondamental de la pleine conscience et elle conduit à une meilleure compréhension. Nous pouvons nous rendre compte que nous avons déjà une abondance autour de nous et à l’intérieur de nous – que nous sommes déjà des êtres complets et parfaits et qu’il n’y a absolument rien à ajouter ou à soustraire.
La pleine conscience consiste à prendre conscience du monde intérieur et du monde extérieur. Le caractère chinois de pleine conscience (nian), a deux caractères. Celui du haut signifie, le moment présent, celui du bas, le cœur. La traduction anglaise la plus proche n’est pas le « mindfulness » (la pleine conscience), mais peut-être le « heartfulness » (la conscience du cœur). Par conséquent, le moment présent n’est pas seulement de savoir où nous en sommes dans le temps et l’espace, mais il inclut et embrasse finalement une vision du monde qui touche notre humanité commune au lieu de nous concentrer sur nos différences. Cette idée ouvre la porte à la compassion.

Harmoniser toutes les instances de la société

Alors que la pratique de la pleine conscience prend sa place dans le monde dans les domaines des neurosciences, de la santé, de l’éducation et des entreprises, nous avons besoin d’une vision juste de la manière de l’appliquer aux différents aspects de la vie.
Voici un graphique, ci-dessous, exprimant cette vision de la pleine conscience intégrale à 4 niveaux.

Notre société moderne est basée sur la compartimentation. Nous avons été formés pour nous spécialiser dans un sujet et négliger le reste. Nous nous sommes séparés de la nature, des autres et, malheureusement, de notre moi plus profond. Le résultat est une crise écologique, sociale et existentielle. D’où l’urgence d’une approche intégrale pour nous rappeler que la réalité forme un tout et pas seulement des parties individuelles.



Historique :

Les pratiques de pleine conscience trouvent principalement leur origine dans les traditions orientales, et en particulier celle du Dharma (enseignements de la voie du Bouddha). Ces enseignements perdurent depuis 2600 ans. Mais on trouve également des pratiques similaires dans d’autre traditions spirituelles.

En France, le Moine zen vietnamien Thich Nhat Hanh, a développé et enseigné  depuis 1972 la pleine conscience au service des laïcs. Il a été l’un des premiers à utiliser et diffuser le terme de « Pleine Conscience ». Il existe aujourd’hui de nombreux lieux d’enseignement traditionnel.

En 1979, avec la mise au point du programme MBSR, le Dr Jon Kabat Zinn (professeur émérite de médecine du Centre Médical de l’Université du Massachusetts – University of Massachusetts Medical School), ouvre la voie à une application clinique des pratiques de pleine conscience. Il synthétise dans un programme laïque les apports des pratiques zen traditionnelles de pleine conscience et les connaissance issues de la médecine occidentale et de la pédagogie expérientielle. Il est le premier à développer des protocoles d’étude qui permettent de démontrer l’efficacité clinique des approches de pleine conscience.

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L’association présentera les bases de la méditation de pleine conscience, des exercices pratiques, et les possibilités d’utilisation personnelles et professionnelles.

Inspirée d’exercices issus de la tradition bouddhiste, la méditation dite de pleine conscience est devenue aujourd’hui une méthode – codifiée et laïque – d’entraînement à la stabilité émotionnelle et attentionnelle, de plus en plus utilisée dans le monde du soin (limitation de la douleur et du stress lié aux pathologies chroniques), de la psychothérapie (prévention des rechutes anxieuses et dépressives), mais aussi de la pédagogie ou de l’entreprise.

Elle est aussi considérée comme un outil très intéressant pour l’équilibre personnel de tout un chacun, susceptible d’améliorer l’équilibre émotionnel et la stabilité attentionnelle.

De nombreuses recherches et publications scientifiques sont aujourd’hui conduites, tant dans les domaines cliniques, que dans ceux de la biologie ou de l’imagerie cérébrale, qui permettent de mieux comprendre les mécanismes de son efficacité.

L’entraînement de la pleine conscience permet de :

  • Développer des capacités d’attention et de concentration
  • Augmenter la conscience et l’identification des sensations corporelles, des sentiments et des pensées
  • Améliorer la confiance en soi et la communication interpersonnelle
  • Mieux gérer ses émotions même négatives par l’acceptation de leur vécu
  • Réduire le stresset ses conséquences : troubles du sommeil, troubles alimentaires, tensions physiques ou psychiques, maux de tête, troubles cardio-vasculaires, fatigue chronique, conduites addictives, burn out…
  • Développer une plus grande tolérance à la douleur chronique
  • Prévenir la rechute dépressive
  • Renforcer le système immunitaire

L’entraînement à la Pleine Conscience a un impact sur la structure du cerveau et son fonctionnement en rapport avec le développement des capacités de concentration et d’un meilleur contrôle émotionnel. Des changements neurophysiologiques et structurels sont observés chez des personnes pratiquant régulièrement la méditation : augmentation de la substance grise dans l’hippocampe, réduction de l’amincissement cortical provoqué par le vieillissement dans certaines régions préfrontales, amélioration de la connectivité de certaines régions cérébrales…

La pratique nous donne accès à une compréhension profonde de nous-même et de notre réalité qui sont changeant et interdépendant pour ouvrir la porte de nos cœurs et vivre avec la joie, la compassion, l’amour-bienveillant, et la paix intérieure.